CCIC-HISTORIQUE

Depuis la colonisation de Madagascar par la France en 1896, le français a été adopté à la fois comme langue officielle et langue d'enseignement. Cette langue a été maintenue dans ces deux fonctions après l'indépendance en 1960, jusqu'en 1972.

Par la suite, les dirigeants successifs du pays ont mis progressivement en place la malgachisation de l'enseignement. Mais cette réforme a connu un échec après quelques années d'application.

Depuis 1993, la langue française est de nouveau  devenue langue d'enseignement. Malheureusement, les enseignants actuels issus de 20 ans de malgachisation ne maîtrisent plus cette langue, en particulier ceux des campagnes. En conséquence, le français est mal enseigné dans les écoles primaires et secondaires.

En 2004, Rosette et Jean FELISTE, au cours d'un voyage à Madagascar, ont été frappés par les cuisants échecs scolaires des élèves de leur entourage à Tuléar et à Majunga. Aucun étudiant, même parmi ceux qui vont à l'université ne peut s'exprimer en français alors que partout, dans les journaux locaux, pour les offres d'emploi, on voit écrit : "maîtrise de la langue française exigée"... Ces jeunes ne pourront donc jamais accéder à des postes techniques de haut niveau !

De ce constat est venue l'idée  de mettre en place une structure adaptée à l'enseignement du français.

Août 2004 : création du Centre Culturel IASA Cyrille ou CCIC à Befandriana-Nord (Madagascar), par Rosette et Jean FELISTE avec l'aide des amis malgaches de Madagascar, en vue de l'apprentissage du français, outil indispensable pour les élèves pour réussir dans leurs études.

Jusqu'en 2010 le centre culturel dispensait uniquement des cours de français gratuits aux écoliers et à des adultes désireux de se perfectionner en français. Il siégeait et fonctionnait alors dans la maison familiale IASA Cyrille.

Puis en septembre 2010, le centre culturel a acquis un nouveau bâtiment qui lui appartient en propre grâce à l'aide de la Mairie de Befandriana-Nord(qui octroyait un terrain de 2000 m2), de l'ambassade de France à Madagascar, du Conseil Général des Bouches-du-Rhône (France), de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (France) et des particuliers (Madagascar, France).

De nouvelles activités ont été ajoutées aux activités existantes.

  - Ouverture de la section préscolaire afin d’initier les enfants à la pratique de la langue française dès leur plus jeune âge.

 - Mise en place des Activités Génératrices de Revenu telles que la couture, la cuisine, la pépinière, l'apiculture et le tissage afin d'aider les jeunes déscolarisés à acquérir un métier pour leur insertion sociale et de permettre au CCIC d'accéder à son autonomie financière.

 

Âź Qui est IASA Cyrille?

IASA Cyrille (1912 - 1997), le père de Rosette FELISTE, fut instituteur pendant 37 ans dans la partie Nord-Ouest de Madagascar et plus particulièrement dans le district de Befandriana-Nord où il a exercé pendant 26 ans. Durant sa vie, ce courageux et vaillant instituteur ne cessa d'accueillir gracieusement dans sa famille des élèves de conditions modestes mais motivés, pour les aider à réussir leurs études. Grâce à lui, ces jeunes de l'époque sont aujourd'hui devenus fonctionnaires, médecins, professeurs, administrateurs civil, ...etc.

C'Ă©tait une vie au service des autres.

 

2 IASA Cyrille (1912-1997)

 

En fait, le centre culturel de Befandriana-Nord poursuit l'œuvre que M. IASA Cyrille avait commencé avec son association dénommée à l'époque "Sakaizan'ny Sekoly" ou "Les amis de l'Ecole".

 

Âź Contexte socio-Ă©conomique :

A Madagascar, 32,7% d'adultes ne savent ni lire ni écrire (Rapport mondial sur le développement humain 2004 - Programme des Nations Unies pour le développement). Or des études ont montré qu'une population alphabétisée et correctement formée est bien armée pour lutter contre la pauvreté et assurer son développement économique.

Pour sortir de la pauvreté, le pays a fourni de gros efforts de scolarisation depuis son indépendance en 1960 en multipliant les écoles primaires et les collèges et surtout en ouvrant des lycées dans chaque chef lieu de district. Seulement, les faibles moyens financiers dont dispose l'état malgache ces dernières années ne permettent pas d'avoir un enseignement convenable. Les enseignants recrutés sont souvent mal formés ; la moyenne des effectifs dans les écoles primaires et collèges est très élevée, avec plus de 80 élèves par classe, surtout en milieu rural. A ces problèmes s'ajoute celui de la langue utilisée dans l'enseignement. Depuis le retour de l'enseignement en langue française en 1993, les élèves, en particulier ceux du milieu rural où il n'existe aucune infrastructure culturelle, rencontrent une difficulté majeure. Ces élèves, en arrivant à l'école ne connaissent que leur langue maternelle c'est-à-dire leur dialecte ethnique. D'autre part, les enseignants issus de 20 ans de malgachisation ne maîtrisent plus le français. En outre, les supports pédagogiques en français n’existent pratiquement pas. Très souvent, ces enseignants ne disposent que de leurs cours d'université pour préparer leurs classes au collège et au lycée.

Le résultat de ces conditions défavorables est que " Madagascar détient le record mondial de redoublement " comme titre le quotidien Midi Madagascar du 27/04/05. Lors de la célébration de la Semaine Mondiale de l'Education Pour Tous en Avril 2005, le ministère de l'Education Nationale a annoncé 30% de redoublants en primaire. Ainsi, beaucoup d'enfants quittent l'école sans acquérir des bagages intellectuels significatifs. Sur le plan scolaire, Befandriana-Nord où est implanté le Centre Culturel IASA Cyrille se trouve dans les mêmes conditions. Les jeunes déscolarisés, livrés à l'oisiveté, deviennent de lourdes charges pour leur famille et des soucis permanents pour la société.

Par ailleurs, la ville de Befandriana-Nord où est implanté le Centre Culturel IASA Cyrille est une ville de 30.000 habitants. C'est le chef-lieu du district de Befandriana-Nord. Malgré l'existence d'un gisement de chrome, l'économie du district repose entièrement sur l'agriculture (riz, vanille, girofle, poivre, raphia, élevage de bovins). Plus de 95% de la population vivent de l'agriculture, mais les produits maraîchers font défaut. En effet, les légumes comme les tomates, les oignons, les pommes de terres... etc viennent des districts environnants ou d'Antananarivo.

Pour contribuer au développement socio-économique du district de Befandriana-Nord, le Centre Culturel IASA Cyrille s'est lancé dans l'enseignement et l'apprentissage à coût modique de la langue française qui constitue pour les écoliers un outil de travail fondamental. Il s'est également engagé à développer les activités génératrices de revenu comme la cuisine, la couture, la pépinière, le tissage et l'apiculture afin de permettre aux jeunes déscolarisés d'acquérir un métier et aux paysans de renforcer leurs compétences.

2004 : test de français aves les enfants de la famille

Cours de français à la maison familiale IASA Cyrille

2007 : Section adulte

2007 : Maison à rénover sur un terrain de 2000 m2

donnée au CCIC par la mairie

2010 : Le nouveau bâtiment du CCIC